Méditerrané : si j’arrêtais d’en parler, je serai muet

Article : Méditerrané : si j’arrêtais d’en parler, je serai muet
Crédit: Courrier international
3 août 2021

Méditerrané : si j’arrêtais d’en parler, je serai muet

La question migratoire ne finira jamais de faire parler d’elle. Si hier l’on avait pour souci de faire face à autre chose comme le développement agricole et rural pour subvenir à ses besoins, force est de reconnaitre qu’à nos jours tel est loin d’être le cas.

Désormais, c’est une couche désorienté qui se laisse abattre par des hautes marrées en pleine méditerrané. Je suis submergé par toutes ces images de jeunes migrants venus des quatre coins du continent africain. Tous ayant pour souci commun, la recherche de l’illusion du bonheur.

Mais tous n’ont pas forcément les mêmes modes de vies. D’aucuns sont issus de familles très pauvres. D’autres par contre suivent de mauvais conseils de certains de leurs amis ou de réseaux de passeurs qui ont pour but de se faire du fric.

On les pousse à chiper l’argent de leurs parents en vue de les aider à retrouver le paradis terrestre via cette mer. De jeunes gens désemparés et manipulés. Ignorant surtout qu’ils sont encadrés et aimés par leurs parents. Certains parmi eux fréquentent des écoles de prestige dans le sillage de devenir de hauts cadres après les études.

Mais l’expérience prouve qu’un vieillard couché dans son hamac voit plus clairement qu’un jeune homme qui passe à longueur de journée en train d’observer une chose quelconque. Rares sont parmi eux qui se projettent dans le futur. Chacun cherche partout les moyens à arriver à un objectif non incertain.

Après tout, ces vas-et-viens en pleine mer les effacent la vie comme un marigot tari en pleine saison sèche. Et ceux qui ont la vie sauve ne sont plus comme avant. Il est difficile désormais de marcher les épaules hautes dans leurs milieux de résidence. Le regard social pousse à certains de partir loin pour mener leur vie, et à leur manière.

Cette actualité devient d’autant plus inquiétante que chacun doit jouer un rôle prépondérant pour réduire le phénomène, voire tenté de le vaincre. A observer sur les medias, notamment sur les échos les plus brulantes sur l’actualité juvénile, il est difficile de digérer ses aliments en toute aisance.

Ce week-end, j’ai été déboussolé par les images observées sur france24, montrant 700 jeunes migrants secourus aux larges. Il y a bien des années, j’entendais parler de migrants au large du Maroc. Mais aujourd’hui, tous les pays situés au nord du continent sont rentrés dans la danse. Et des jeunes à la fleur de l’âge ne cessent de donner leurs vies aux anges qui tournent définitivement leurs pages.

J’aurais aimé me taire pour éviter de tomber dans un coma profond mais je ne peux pas. Car je me suis longtemps engagé à lutter sans relâche cette histoire de morts subites et en masse. C’est aussi dommage et coupable de ne pas jouer son rôle d’alerteur et de combat au quotidien. Parce qu’il ne sert à rien d’attendre le « trop tard à jouer son rôle » pour agir.

Je ne vois surtout pas de raisons de faire partie parmi ces personnages qui viennent tard pour rendre des hommages pendant qu’ils pouvaient jouer leur partition pour éviter le pire. Dans nos familles respectives, nous avons soit un cousin, un frère, bref un parent qui a perdu sa vie dans ce modique périple ou qui a été victime de tortures des réseaux de passeurs ou autres.

Qu’on ait des moyens économiques ou qu’on soit leader d’opinion, il faut s’investir à temps. Et pour mon cas, je reste persuadé que quel que soit la forme de communication ou d’investissement physique, économique et moral, je continuerai à le faire jusqu’au bout.

Et pour dire comme le poète français, Victor Hugo « oh ! Insensé qui pense que je ne suis pas toi. Quand je parle de toi, je parle de moi… » Je serai donc ce mage qui se battra pour réussir à mon but.

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