Conakry: la centralisation de l’administration, facteur d’embouteillages sur les routes
Dans la capitale guinéenne, Conakry, un automobiliste peut passer indéfiniment des heures dans les bouchons. Une situation qui s’explique en partie par la concentration des sièges des entreprises et de l’administration dans le centre-ville.
Kaloum est l’une des cinq communes qui composent la capitale guinéenne. Située en plein cœur de Conakry, est ce presqu’île comme l’appelle t-on, qui regorge quasiment toutes les entreprises de l’administration. Banques, entreprises privées, ambassades, ministères… tout est concentré à cet endroit. Et cela devient, malgré l’état piteux des routes, une véritable source d’embouteillage.
C’est sans doute devenu une coutume pour les habitants de Conakry de patienter de longs moments dans les fils d’embouteillages pour enfin rallier leurs boulots. Pour M. Camara, membre de la société civile rencontré à son siège, l’État manque de « politiques de décentralisation de l’administration » . Selon lui, « le problème de voiries cause aussi d’énormes difficultés ».
Malgré l’urbanisation de la ville, les citoyens continuent de prendre le mouvement à « sens unique », c’est-à-dire, la même direction pour rejoindre leurs lieux de services. Et l’espace est très restreint. Cela reste un énorme souci pour les travailleurs.
« Pour arriver à Kaloum, je fais parfois plus de deux heures dans ce calvaire. L’état de la route laisse à désirer mais je n’ai pas le choix », se lamente lors de mon micro-trottoir un chauffeur rencontré à la minière, dans la commune de Dixinn derrière son volant, entrain de guetter dans un long fil.
A cela, s’ajoute le manque de morale et de civisme de certains conducteurs. «Le peu de chauffeurs qui ont le courage d’aller en ville, à Kaloum, coupent les tronçons dans le but de gagner plus de revenus. C’est vraiment un calvaire », témoigne un fonctionnaire d’État, également rencontré sur le terrain.
Il ne faut pas non plus ignorer le comportement néfaste de certains policiers (routière) qui circulent dans les rues de la ville sur motos, souvent en prenant le mouvement à sens interdit pour coincer et racketter les chauffeurs.
En 2019, le gouvernement avait procédé au déguerpissement du centre directionnel de Koloma, dans la commune de Ratoma, en haute banlieue de Conakry. Ceci dans le but selon lui, de décentraliser « l’administration publique ». Mais le projet peine encore à voir le jour.